Imperial Cleaning

Le site du CRVA est définitivement mis hors ligne.

La science s'occupe de l'expérience et répond à la question: Cette époque de rivalité interconfessionnelle permit un élargissement des sujets théologiques et l'ouverture aux raisonnements philosophiques, dont la majeure partie sera plus tard utilisée pour promouvoir une vision sceptique du monde religieux.

Menu de navigation

Sur le mкme thиme

Toutefois l'absence totale d'un projet divin concernant l'homme et le monde détournent ces philosophes du sentiment religieux et de l'existence des Dieux tels qu'on se les représente dans la religion, et donc ces doctrines peuvent être taxées d'athéisme: Il existe un débat entre panthéisme et athéisme. Chez certains, le panthéisme est en réalité un athéisme déguisé lorsque le Dieu identifié à la nature n'a ni projet ni intentionnalité [ 50 ].

Ce panthéisme prépare ainsi la voie à un athéisme philosophique Sade, Schopenhauer, Nietzsche. Il trouve aussi son origine chez les présocratiques, notamment les atomistes, et s'appuie de plus sur des arguments variés relatifs au relativisme , au rationalisme , au nihilisme , et même à la morale [ expliquer ]. Il n'existe pas d'arguments rationnels valables pour soutenir la croyance en l'existence d'un dieu quelconque, qu'il soit conçu par l'homme anthropomorphique ou qu'il soit une abstraction métaphysique.

En , André Lalande écrit, dans son Vocabulaire technique et critique de la philosophie: Le spiritualisme et l'athéisme ne sont pas forcément opposés. En effet, les systèmes athées peuvent ne mettre en cause que le caractère transcendant du spirituel , et le conserver sous d'autres formes immanentes. L'athéisme n'empêche pas la croyance en d'autres formes de pensée abstraite ou d'émotions mystiques [ N 3 ]. Ainsi, des religions, tel le bouddhisme , dont les dogmes [ 56 ] ne font pas intervenir la notion de divinité , peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées.

Le philosophe français André Comte-Sponville a écrit un essai intitulé L'Esprit de l'Athéisme, introduction à une spiritualité sans Dieu , dans lequel il décrit les possibilités pour un athée de vivre une spiritualité sans notion de divinité. Aux temps préhistoriques qui représentent une durée largement supérieure à celle de l'histoire , l'absence de trace écrite rend aléatoire toute supputation sur la nature des éventuelles préoccupations métaphysiques des hommes, et sur la pertinence d'une transposition des notions modernes de croyance religieuse et d'athéisme.

À l'inverse, l'athéisme, qui suppose d'abord une critique, puis éventuellement un rejet de ces concepts religieux, émerge au fil des siècles, dès que ce système religieux ne rend plus compte de la société qui l'a sécrété.

Ainsi, en , John Lubbock affirme-t-il, après avoir étudié de tels peuples, que l'humanité originelle était athée, qu'elle n'avait aucune idée d'un monde divin. Il décrit également une évolution de l'homme primitif passant par des phases telles que le fétichisme, le totémisme, etc.

Lubbock cite également des peuples entièrement athées Cafres , Mélanésiens , Yagans , Aruntas [ 58 ]. Dès l'année suivante, Edward Tylor contesta ce travail en montrant que l'idée d'absence de Dieu chez les primitifs était dû à l'inadéquation du concept occidental de croyance pour décrire les croyances primitives: Se succèdent ensuite des études d'auteurs divers Herbert Spencer , Alfred William Howitt , Andrew Land , Wilhelm Schmidt , etc décrivant en détail les cultes mais concluant souvent qu'un dieu monothéiste originel se retrouve chez nombre de peuples primitifs, quelques autres auteurs concluant à l'inverse à l'absence de sentiments religieux [ 58 ].

En , Émile Durkheim se saisit du débat sur les formes élémentaires de la vie religieuse titre de son livre. Décrivant la religion comme centrée sur le totem, les rites et les tabous, il la considère comme un miroir de la société: Pour Durkheim, toutes les catégories fondamentales de la pensée sont d'origine religieuse, et sont présentes dans les religions des peuples les plus primitifs, donc à l'origine de l'humanité.

Le culte étant autant social que religieux, il n'y a aucune place pour l'athéisme chez un peuple primitif. Durkheim s'accorde ainsi avec le majorité des ethnologues et sociologues de son époque, sans pour autant expliciter la distinction entre les croyances religieuses contemporaines et les croyances primitives , voire originelles [ 58 ]. Le mana serait largement répandu chez les peuples primitifs , et constituerait une étape incontournable dans l'évolution des croyances humaines [ 58 ].

D'après Lehmann, du mana découleraient la magie et la religion suivant que le pouvoir est attribué à l'objet lui-même ou à un esprit qui dirige l'objet. Cette racine commune à la magie et à la religion est également reprise par Henri Bergson et Claude Levi-Strauss. Si la magie est rapprochée de l'athéisme, on peut considérer qu'athéisme et religiosité ont leur racine commune dans le mana [ 58 ]. L'importance des mythes aux origines des religions est reconnue.

L'homme primitif est immergé dans une réalité mythique, vivant ainsi dans le sacré, sans le conceptualiser, sans distinction entre profane et divin, mais il peut réagir négativement vis-à-vis du mythe. Toutefois, il n'y a pas de distinction entre religion et athéisme à ce stade car il n'y a pas de distinction entre un monde humain et un monde divin, de même qu'il n'existe pas de mana détaché des objets, événements ou êtres comme le précise Mircea Eliade [ 58 ].

L'attitude religieuse nait de la conceptualisation du mythe, de son organisation par un discours cohérent distinguant le sacré du profane. Le mythe devient représenté, joué, pensé, le monde divin prend son autonomie et sa transcendance, et peut être alors rejeté, au moins en partie, dans la pratique du culte ou dans la pensée [ 58 ].

Il semble que l'on puisse identifier des athées en Inde ans avant Jésus Christ. Dans la Grèce antique , un atheos est une personne ne croyant pas aux dieux traditionnels, elle peut donc être croyante envers d'autres dieux, ou superstitieuse. L'incroyance et la croyance sont mêlées dans les multiples courants philosophiques qui se développent [ 9 ]. D'après Georges Minois , l'évolution de la religiosité dans l'antiquité grecque peut se décrire par trois époques:.

Le philosophe, poète et homme politique grec Critias justifie la religion par le rôle qu'elle joue, il convient qu'elle est une institution historique, utilisée pour inspirer la vertu aux peuples, afin d'établir la civilisation [ 61 ]. Les atomistes tels que Démocrite ont tenté d'expliquer le monde de façon strictement matérialiste , sans référence au spirituel ou au mystique: D'autres philosophes , avant Socrate , avaient aussi des points de vue sceptiques , comme Prodicus et Protagoras.

Socrate à était accusé d'être athée à cause de son impiété parce qu'il posait des questions sur la nature et l'existence des dieux [ 66 ]. Euhemere à présenta l'idée selon laquelle les dieux n'étaient que des dirigeants et des conquérants du passé, et que leurs cultes et les religions n'étaient que la continuation de royaumes anéantis et de structures politiques d'un autre temps [ 68 ]. Si les épicuriens ne remettent pas en cause l'existence des dieux, ils nient toute intervention de leur part dans les affaires humaines [ 70 ].

Dans la Lettre à Ménécée , Épicure énonce quatre principes à suivre pour mener une vie bienheureuse. Le premier de ces principes est de ne pas craindre les dieux, puisque ceux-ci ne se préoccupent pas des humains.

Aristote affirme la nécessité d'un dieu, premier moteur de l'univers, mais dans le cadre matérialiste d'une mécanique universelle pour un univers éternel, incréé, et où les âmes sont mortelles [ 9 ]. Le monde romain, une fois maître de la Grèce, reprendra de nombreuses notions à la fois des cultes et des philosophes grecs, ce qui ne l'aidera pas à affermir ses convictions religieuses qui avaient déjà commencé à être livrées aux doutes et aux critiques.

La religion officielle décline aux yeux de tous, les religions, superstitions et philosophies d'origines diverses prolifèrent, le scepticisme trouve de nombreux adeptes, dont Cicéron. Dans cette ambiance de relativisme religieux, c'est une sorte de marché de la croyance qui s'offre à chacun. Car telle est la notion d'athéisme à ce moment: Au premier siècle, la doctrine chrétienne dont le Dieu, tout puissant, descend au rang d'homme, par son fils qu'il laisse agonir et capable de résurrection d'entre les morts, est alors considérée comme athée.

La situation se retournera quand l'Empire, voulant s'appuyer sur une religion pour s'assurer la soumission au pouvoir, désignera le Christianisme comme religion officielle [ 9 ] , en Du Moyen Âge , reste un seul type de sources d'informations: Dans leur écrasante majorité ces auteurs dissertent sur Dieu, ses attributs, la connaissance du monde, la scolastique, des opinions d'autres auteurs, etc.

Les lettrés du monde arabo-musulman sont ouverts plus tôt que ceux de la chrétienté à la science et à certains philosophes de l'Antiquité, dont le rationnel Aristote , et chez eux une incrédulité se fait jour. Georges Minois s'oppose en affirmant cela à la plupart des historiens de la philosophie médiévale qui ont donné un certain nombre d'arguments visant à réfuter l'existence d'une doctrine telle que celle de la double vérité.

Cependant, les médiévistes et spécialistes de l' averroïsme Ferdinand Sassen [ 76 ] , Étienne Gilson [ 77 ] , Pierre Michaud-Quentin [ 78 ] , David Piché [ 79 ] , Luca Bianchi [ 80 ] et Ali Benmakhlouf [ 81 ] soutiennent que la doctrine de la double vérité est un mythe et n'a jamais été défendue par quelque auteur que ce soit.

C'est une appellation inventée par Thomas d'Aquin pour désigner cette méthode condamnable à ses yeux, et qu'il dénoncera chez Siger de Brabant, qui sera alors reconnu comme hérétique puis prisonnier à la cour pontificale d' Orvieto , où il finira assassiné.

Plus de deux cents thèses de l'université de Paris seront censurées pour la même raison. D'autres seigneurs locaux manifestent aussi une grande liberté de parole envers les dogmes de la religion, chrétienne ou autre.

De nombreuses fêtes chrétiennes ont été placées à des dates d'anciennes fêtes païennes , la chrétienté travaille durant des siècles à intégrer des rites et mythes païens aux rites chrétiens les différents saints permettant de créer des mythes chrétiens intégrant des mythes païens , dont des pratiques magiques et superstitieuses, ce syncrétisme ayant pour but d'intégrer progressivement les populations à la pratique chrétienne.

Des fêtes populaires sont organisées fête des fous , fête de l'âne , charivari , certaines où l'on parodie la religion, les religieux et les autorités, certaines qui fêtent le rythme de la nature qui s'impose à tous, paysans ou citadins fête de la Saint-Jean , Toussaint , Ces rites et croyances coexistants avec le catholicisme ne sont nullement des athéismes, mais sont des illustrations du fait que la religion chrétienne n'avait pas tous pouvoirs sur les esprits populaires et a dû s'adapter aux contextes des populations.

Les tribunaux ecclésiastiques ont découvert une grande variété de scepticismes populaires, et de nombreux clercs et laïcs de cette époque y ont confessé un athéisme, sans qu'il y ait de système athée cohérent. De nombreux témoignages relégués dans la littérature de cette époque donnent des exemples de propos d'incroyances envers le Christ et les autres religions monothéistes [ 74 ]. D'autres témoignages venant d'autres lieux et sources vont dans le même sens, dont des traités de religieux cherchant à dénombrer les excommuniés de longue date dans des diocèses plusieurs dizaines de milliers en tout, semble-t-il et les décrivant comme refusant ou méprisant la religion, parfois sans qu'il soit possible de connaître leur nom pour les traduire devant l' Inquisition car les curés sont menacés par les familles des intéressés [ 74 ].

La période de la Renaissance est une rencontre de plusieurs changements profonds: Le mot français athée est inventé par des lettrés, vers , à partir du mot grec atheos et du mot latin: L'athéisme, l'hérésie, la sorcellerie, l'adoration ou la négation de l'existence du diable, voire la sodomie, sont invoqués simultanément dans les jugements, et les religieux leur trouvent des liens.

Rabelais était un croyant, soupçonné au plus d'être un réformé par les catholiques, et le terme athée était alors une grossièreté signifiant qu'il n'avait pas la bonne foi aux yeux de ses accusateurs ne pas croire de la bonne manière en Dieu, c'est ne pas croire en Dieu , accusation classique à l'époque, entre catholiques et réformés.

Aux yeux de l'historien, les hommes de ce temps gardaient une confiance inébranlable dans les Écritures. D'après Georges Minois , les travaux récents en histoire amènent à nuancer fortement ce point de vue, et c'est ce qu'aurait fait la majorité des historiens depuis les années [ 82 ].

Certains rapportent leurs propos: Le phénomène, bien distingué de ceux des naturalistes, des déistes et autres théistes, et parfois attribué à la mauvaise influence des auteurs antiques, est remarqué en France, Suisse, Allemagne, et surtout en Italie, et semble se propager [ 84 ].

Après , le nombre de témoignages sur l'existence d'athées est en continuelle augmentation, sans qu'il soit possible d'en connaître précisément la raison. Sont repérés plusieurs types de contestataires: Dans tous les pays d'Europe est remarquée la présence d'athées, et, surtout à partir de , pouvoirs civils et religieux s'inquiètent et répriment ce mouvement, ainsi que le scepticisme religieux. L'Inquisition espagnole et italienne surveillent les livres présents chez les libraires et les imprimeurs, en exigeant leur liste exhaustive: En Angleterre, les tribunaux anglicans notent de nombreuses déclarations de personnes du peuple relevant d'opinions athées, et amenant certaines à être brulées vives: Des sectes anglaises mettent en doute tel ou tel point de la doctrine chrétienne, et de nombreux puritains anglicans avouent parfois avoir été tentés par l'incroyance, certaines personnalités connues sont des mécréants notoires.

En Angleterre, certains auteurs de cette époque considèrent que près d'un tiers de la population est athée [ 84 ]. Ces auteurs rapportent nombre de propos d'athées qui se révèlent alors être des interrogations, des révoltes de l'esprit face à des croyances rationnellement insatisfaisantes.

Dans ce livre, Charron est ambigu dans ses arguments et semble verser vers l'opinion que la religion est irrationnelle et que la raison devrait être notre seul guide [ 85 ].

Rabelais était-il athée ou un bon chrétien comme le soutient Lucien Febvre? La question n'est pas tranchée, le problème étant de savoir si ses textes montrent une opinion peu orthodoxe sur certains points, avec une croyance indiscutable, ou bien sont des textes de dissimulations, révélant un athéisme ou un vague déisme naturaliste.

La même question se pose pour nombre d'autres auteurs: Postel , Dolet , Servet , Des Périers , etc. Giordano Bruno , regardé comme un mystique par les uns, un athée par les autres, était un panthéiste voyant une volonté organisatrice présente dans les atomes [ 85 ]. Jean de Mirecourt [ 86 ] et Nicolas d'Autrecourt , philosophe nominaliste [ 87 ] , ont privilégié la position selon laquelle la connaissance humaine est limitée aux objets matériels, et que l' essence d'un être divin ne pouvait pas être appréhendée, intuitivement ou rationnellement, par l'intellect humain.

Le cas de Jacques Gruet reste singulier: La Renaissance et la Réforme permettent d'assister à une résurgence de la ferveur religieuse, comme en témoignent la prolifération de nouveaux ordres religieux, de confréries , les dévotions populaires dans le monde catholique, et l'apparition de sectes protestantes calvinistes.

Cette époque de rivalité interconfessionnelle permit un élargissement des sujets théologiques et l'ouverture aux raisonnements philosophiques, dont la majeure partie sera plus tard utilisée pour promouvoir une vision sceptique du monde religieux. Ce dernier adopte une philosophie matérialiste et sceptique envers les évènements surnaturels. Le premier athée connu ayant ouvertement rejeté le déisme de couverture, pour nier l'existence de dieu, était l'allemand Matthias Knutzen [ 88 ] , qui devance par ses écrits athées de l'an le prochain auteur athée Jean Meslier , un abbé français, de plus que 50 ans.

La Révolution française fit sortir l'athéisme des cercles intellectuels et le fit entrer dans la sphère publique. Beaucoup de mesures séculaires ont alors intégré la législation française à cette époque. Certains révolutionnaires de l'époque ont aussi tenté de déchristianiser la France, en promouvant à la fois le déisme notamment Robespierre et son Culte de l'Être suprême et l'athéisme Culte de la Raison , sans compter la réforme du calendrier. Sous l'ère napoléonienne, la sécularisation de la société française a été institutionnalisée.

L'athéisme s'exprime au Japon notamment avec le penseur Nakae Chômin. La pensée athée est reconnue dans une large variété de philosophies, telles que l' existentialisme , l' objectivisme , l' humanisme laïque , le nihilisme , l' anarchisme , le positivisme logique , le marxisme , le féminisme [ 92 ] , et le mouvement scientifique et rationaliste au sens large.

Cette nouvelle vision a ouvert la voie à la philosophie analytique , au structuralisme , et au naturalisme. Leurs promoteurs, tel Bertrand Russell , ont dénoncé avec force les méfaits et les illusions issus de la croyance en Dieu. Dans ses premiers travaux, Ludwig Wittgenstein a tenté de séparer métaphysique et langage surnaturel dans le discours rationnel.

AJ Ayer a affirmé l'invérifiabilité et la futilité des arguments religieux, et revendique son adhésion aux sciences empiriques. Matérialistes et naturalistes, tel John Dewey , ont examiné le monde naturel, selon eux à la base de tout, et ont nié l'existence de Dieu ou le concept d' immortalité [ 94 ]. Après la révolution russe de , les libertés pour les minorités religieuses ont survécu pendant quelques années.

La Russie révolutionnaire vivait alors dans un climat de tolérance relative à l'égard du phénomène religieux, bien que le Parti bolchévique luttât activement contre la religion par des moyens rigoureusement pacifiques, définis dès par Lénine [ 95 ].

Sa politique s'appuyait en effet sur la définition du jeune Marx: Le problème religieux ne fut donc pas placé au premier plan, parce qu'il était avant tout perçu comme le produit idéel de l'oppression pratique et matérielle du prolétariat. Dans cette optique, transformer la base sociale et économique du pays revenait à combattre la source même du religieux, sans pratiquer de répression directe et violente à son égard.

Sous la politique de terreur rouge lancée par la gouvernement de Lénine, des persécutions antireligieuses ont été menées à grande échelle. Le stalinisme a plus tard relancé une répression farouche à l'encontre des religions. Dans l'URSS de Staline, nombre de lieux confessionnels furent transformés, détruits ou fermés, et le contrôle des populations en ce domaine favorisa une atmosphère de délation à l'égard des croyants.

Durant la guerre d'Espagne , de nombreux épisodes de violences antireligieuses et anticléricales, commises par des groupes communistes et des anarchistes, ont eu lieu durant la période dite de la terreur rouge espagnole. L'Union soviétique et les autres États communistes ont promu un antithéisme d'État et se sont opposés aux religions, recourant parfois à la violence contre elles [ 97 ].

Il cherchera à poser les bases d'une éthique conciliant athéisme et absence de nature humaine [ 99 ]. Robert Misrahi, se fondant sur Spinoza, développera un contenu positif à l'athéisme: Notons que Comte-Sponville insiste sur le fait qu'il n'adhère pas aux croyances du catholicisme, mais n'entend pas renoncer pour autant à une certaine partie de ses valeurs qu'il juge pertinentes [ ]. Michel Onfray affirme au contraire que l'athéisme doit s'extraire de la morale chrétienne [ ].

Il fait référence aux Juifs laïques, qui ont choisi d'abandonner la croyance en Dieu mais qui n'ont pas rejeté leur identité juive ou leur attachement au peuple juif [ ]. À l'époque où le christianisme dominait la vie sociale spirituelle, politique, intellectuelle, scientifique, etc. Bien que cela ait été le cas de certains athées humanistes en opposition notamment aux croisades et à l' Inquisition , l'antichristianisme ne représente qu'une petite frange des athées.

Il existe d'ailleurs un lien historique étroit entre christianisme et athéisme, puisque c'est dans les pays de tradition chrétienne que s'est développée le plus largement la pensée athée et la laïcisation des institutions publiques.

En Allemagne , Autriche et Suisse , où l'État prélève un impôt religieux reversé à certaines Églises, il existe une procédure légale de sortie de l'Église Kirchenaustritt permettant à quiconque, ayant été baptisé ou ayant autrement déclaré son appartenance à une Église, d'être libéré de l'impôt religieux.

Dans la plupart des pays à majorité musulmane, l' islam est intégré au tissu même de l'État et de la société. En revanche certains d'entre eux, comme la Turquie , revendiquent une laïcité forte qui provoque des polémiques nombreuses à chaque fois qu'elle est remise en cause.

Cependant, dans ce dernier cas, la laïcité consiste en une séparation des institutions politiques et religieuses et n'a souvent rien à voir avec l'athéisme, très peu de Turcs se déclarant athées [ ]. Il ne faut se tromper en lisant le verset 62 de la sourate 2 Al Baqara du Coran qui exclut de l'enfer et promet une récompense aux croyants, juifs, chrétiens, sabéens qui croient en Dieu et au Jour dernier et agissent justement [ ].

Ces croyants sont les croyants qui vivaient avant l'arrivée de l'Islam. Il indique ainsi que tous les mécréants sont condamnés à finir dans la Géhenne [ ] tant qu'ils persisteront dans leur conviction. Cependant, les lectures de l'athéisme en islam sont multiples et complexes et dépendent de l'interprétation faite du Coran.

L'opprobre et les persécutions auxquels sont confrontés les musulmans ayant fait acte d' apostasie et devenus athées sont tels que le phénomène de l'athéisme officiel est inexistant et l'athéisme privé difficile à recenser. Les divinités jouent un rôle important dans le taoïsme religieux depuis ses origines. Par contre, le bouddhisme hinayana et le jaïnisme, s'ils admettent l'existence des êtres surnaturels supérieurs aux humains que sont les deva du brahmanisme , ne leur accordent aucun rôle dans le salut.

Dans la philosophie mahayana, les différentes déités sont des manifestations de la même nature , qui est aussi celle du pratiquant, et qui distinguent et évoquent donc par voie symbolique les differentes qualités potentiellement présentes en chaque être. Les monuments religieux ont été soit détruits soit volontairement transformés. Cette situation n'est pas directement liée à la philosophie marxiste proprement dite, mais à la pratique totalitaire de régimes d'inspiration marxiste réelle ou prétendue.

En conséquence, les pratiques religieuses, vues comme des comportements déviants, sont soit purement et simplement proscrites, soit tolérées de façon précaire. L' Union soviétique et ses États satellites ont également fait de l' athéisme d'État l'un des fondements de leur idéologie. Avec plus ou moins de vigueur. Toutes ces pratiques varièrent en intensité tout au long de l'existence de l'Union soviétique.

De à , le régime eut une politique conciliante envers la pratique privée, alors qu'il sécularisait les biens de l'Église orthodoxe russe. L'accession au pouvoir de Staline mit fin à cette tolérance relative. Jusqu'en , le régime mena une politique répressive, marquée par de multiples destructions d'édifices religieux.

Les années trente virent un lent regain de l'organisation religieuse, ralenti par un court regain de répression pendant les Grandes Purges Le changement de politique fut complet lors de la Grande Guerre Patriotique - , qui inaugura une période de détente idéologique. Un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite , abolie depuis , rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions Spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas.

Après-guerre, la politique de promotion de l'athéisme reprit, mais surtout, elle se combina à un durcissement des Églises officielles les uniates d' Ukraine furent les premiers à en pâtir. En dépit de l'affirmation constante de son athéisme, l'URSS ne cessa d'emprunter à la liturgie orthodoxe. L'embaumement du défunt avait une forte résonance orthodoxe: Les pratiques parallèles comme les cultes officiels furent la cible de Khrouchtchev à compter de , qui se positionnait ainsi en rétablisseur de la tradition léniniste face aux errances staliniennes.

L'ère Brejnev fut une accalmie: En revanche, Gorbatchev relança une politique répressive sur des bases idéologiques similaires à celles de Khrouchtchev. L'expression de la religiosité s'accrut et des personnes nées dans des familles athées se convertirent. Certains des régimes politiques issus de la chute du bloc de l'est continuent cependant la politique religieuse mise en place par l'URSS, ou du moins, à l'instar de l' Ouzbékistan , en ont conservé les méthodes.

Des philosophes tels que Antony Flew [ ] et Michael L. Martin [ ] ont décrit les différences entre l'athéisme fort positif et l'athéisme faible négatif. L'athéisme fort est l'affirmation explicite que les divinités sont des inventions humaines.

L'athéisme faible inclut toutes les autres formes de non- théisme. D'après cette distinction, toute personne n'étant pas théiste est soit un athée faible soit un athée fort [ ]. John Sommerville a relevé six utilisations du terme sécularisation dans la littérature scientifique. Les cinq premières sont proches de définitions alors que la sixième est plutôt une clarification d'usage [ 1 ]:. Peter Berger y affirme que la théorie de la sécularisation, qu'il avait lui-même défendue auparavant, est globalement fausse lorsqu'elle prédit la fin des religions car la sécularisation entraîne une réaction religieuse sur des lignes conservatrices ou traditionalistes.

Le sens du terme sécularisation apparaît déjà dans les écrits du Nouveau Testament , notamment chez Saint Paul , où il désigne déjà sous l'aspect du saeculum , le siècle latin de la Vulgate qui traduit le terme grec aiôn , présent dans sa lettre aux chrétiens de Rome chapitre 12 verset 2 , c'est-à-dire de la temporalité de ce monde-ci , la dimension mondaine de la vie humaine, associée à la dimension du péché.

On comprend ainsi que l'expression retourner dans le siècle signifie retourner dans le monde profane. La sécularisation s'identifie donc à la laïcisation , c'est-à-dire à un processus par lequel le contenu théologique s'efface au profit de modes d'être et d'habitudes populaires sans référence explicite au sacré.

Plus globalement et plus largement, la sécularisation désigne le processus visible depuis la fin du Moyen Âge qui voit des activités ou des dimensions de la vie humaine reliées à la sphère religieuse comme l'Art , l' Éthique , la Morale ou la Politique se couper de toute référence au sacré ou à la transcendance. La sécularisation, au sens en usage aujourd'hui définit un processus dans lequel le monde et l'histoire humaine peuvent se comprendre à partir d'eux-mêmes, de manière proprement immanente.

La sécularisation correspond à un processus de baisse de l'influence des religions dans la société. Weber inscrit la sécularisation dans le phénomène plus large de désenchantement du monde et de rationalisation.

Si la sécularisation concerne la société dans son ensemble, il ne faut pas la confondre avec la laïcisation qui, elle, ne touche que les institutions. C'est dans l'ouvrage daté de de Carl Schmitt, Théologie Politique cf.

Dans son cours sur Nietzsche professé en , Martin Heidegger emploie le terme de Säkularisation. Néanmoins, c'est sur la base d'une étude des processus qui ont vu naître les philosophies de l'histoire, que Karl Löwith va utiliser le terme de Verweltlichung , dans son étude Histoire et Salut. Les diverses philosophies de l'histoire seraient ainsi redevables, dans et par le mouvement de reflux hors de la religion qui porte la marque de la Modernité , de contenus de pensée issus de la Théologie chrétienne comme la notion d' eschatologie.

L'étude de la responsabilité de la réorientation de contenus proprement théologiques, en direction des mouvements de libération sociale et en vue de redéployer l'organisation des structures politiques et sociales, a fait l'objet de certains des travaux de Eric Voegelin. Voegelin lui-même critique une partie de ses propres orientations concernant la thématique de la sécularisation liée à ce qu'il appelle la Nouvelle Gnose , dans l'ouvrage posthume intitulé Réflexions Autobiographiques.

C'est Hans Blumenberg qui a cherché, dans la période récente, à rediscuter et à procéder à la critique du vocabulaire et des idées qui président aux diverses théories de la sécularisation.